Pensez à la formation des opérateurs !

Pensez à la formation des opérateurs !

Est-ce que vous accepteriez de confier votre voiture à quelqu’un qui n’aurait pas son permis et qui, par ailleurs, n’a jamais conduit de sa vie ? Je pense qu’une grande majorité d’entre nous dirait non bien sûr. Et bien dans les usines, il n’est pas rare de confier des installations, des postes de travail à des personnes à peine arrivées et qui ne sont pas intégralement formées pour tenir ces postes.

L’impact d’un tel geste est énorme bien sûr : des risques d’accidents, des risques de dégradations de machines, d’éventuels défauts pour les clients, des problèmes logistiques, des contraintes ergonomiques et bien d’autres perturbations. Tout cela bien sûr n’est pas totalement neutre en termes de coûts également.

Le soin apporté à ce processus de formation et intégration des nouveaux opérateurs distingue réellement les entreprises moyennes de celles qui sont dites World Class. Pour tendre vers ce niveau d’excellence opérationnelle en termes de formation, il y a encore beaucoup de pistes à explorer. Je vous en propose ici une petite dizaine, mais il y en bien d’autres.

1) Avoir un réel parcours d’intégration (pas trop long) qui donne le minimum vital à l’opérateur pour intégrer l’usine en termes de sécurité, d’ergonomie et des grandes règles qualité. Pas la peine de noyer l’opérateur immédiatement avec des détails car rappelez-vous que nous ne retenons à peine que 50% d’une formation standard. Faire simple et efficace donc pour commencer. Donnez envie.

2) Créer des écoles internes avec quelques pupitres, quelques dojo, quelques maquettes de postes qui vont permettre en dehors des vrais postes de s’entrainer en toute liberté sans perturber la qualité et sans prendre de risque sécurité. De vrais formateurs animent ces espaces de formation et savent former aux bons gestes. Les bonnes habitudes doivent se prendre dès le début.

3) S’appuyer sur des standards qui guident sur la bonne manière de faire. Ces standards peuvent prendre différentes formes : des standards papier, des applications mobiles, des vidéos, des lunettes de réalité virtuelle, des écrans utilisant la réalité augmentée…Ces standards sont la base d’un processus d’apprentissage robuste avec des formateurs habilités capables de vraiment enseigner et de faire grandir les opérateurs.

4) Donner du sens aux opérations qui sont faites. L’opérateur n’est pas un assembleur de 3 ou 4 pièces mais plutôt responsable d’une fonction. Par exemple, plutôt que de dire « tu assembles ce joint sur la porte Gauche », préférez plutôt « tu es responsable de l’étanchéité de la porte Gauche ». A vous de trouver vos propres formules.

5) Accompagner les opérateurs sur leur prise de poste tout en protégeant le client interne ou final de certains risques. Il est important de former au poste en vérifiant que les gestes clés sont réellement maîtrisés et répétables. Une fois ne suffit pas normalement.

6) Mettre en place un système d’observation des postes qui permet régulièrement de voir si les opérateurs poursuivent leur apprentissage et s’ils ne sont pas en difficulté. Ces moments permettent aussi et surtout d’échanger avec eux sur les problèmes rencontrés et sur les idées d’améliorations à apporter à leurs postes.

7) Adopter un système de polyvalence performant qui permet aux opérateurs de s’épanouir sur plusieurs postes. Ceci permet de faire face à certaines absences, améliore l’employabilité, et surtout réduit les troubles musculo-squelettiques (TMS) en faisant travailler différentes parties du corps.

8) Donner davantage d’autonomie aux opérateurs grâce à l’apprentissage de nouvelles compétences. L’opérateur ne doit pas seulement faire ses pièces, mais aussi entretenir et dépanner sa machine, résoudre des problèmes, animer la performance de son équipe, former les nouveaux…

9) Donner une vision à l’opérateur sur son parcours d’évolution. J’ai vu au Japon chez Komatsu des parcours allant jusqu’à 5 ans. Cela donne de la visibilité à l’opérateur sur son parcours de formation, tant sur les hard skills (technique) que sur les soft skills (amélioration continue, comportements…).

Toutes ces pistes ne sont pas exhaustives bien entendu et je suis sûr que vous avez vous aussi beaucoup de bonnes pratiques à partager en matière de formation et développement des opérateurs.

La formation, quand elle est bien organisée, attractive et bien dispensée, permet de toucher ces deux composantes importantes qui sont donc la compétence et la motivation. Un opérateur bien formé va améliorer sa performance et sa compétitivité, va être plus innovant, donnera des idées d’amélioration, verra son sentiment d’appartenance à l’entreprise se renforcer, sera plus fidèle, et bien sûr parlera mieux de son entreprise à l’extérieur. C’est un réel investissement. La gestion de ces talents est tout aussi important que la gestion des autres talents de l’entreprise. Un futur grand patron s’y cache surement.

Et vous ? Que changerez-vous dès demain chez vous pour améliorer la formation de vos opérateurs ?

Carlos Cardoso, fondateur de apilean

Si vous souhaitez être aider sur ce thème ou avoir de plus amples informations sur les facteurs clés de réussite, contactez nous sur contact@apilean.com. Nous avons déjà mis en œuvre ces approches sur des dizaines de sites en France et à l’international et pourrons vous faire voir des bonnes pratiques directement sur le terrain.